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<title>Blog du Nain</title><link>http://www.lenain.eu/index.html</link><description>Le nain et les Naines</description><dc:language>(null)</dc:language><dc:creator>plenain@gmail.com</dc:creator><dc:rights>Copyright 2011 Philippe Lenain</dc:rights><dc:date>2012-01-03T20:02:48+07:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.realmacsoftware.com/" />
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<lastBuildDate>Tue, 03 Jan 2012 20:06:28 +0700</lastBuildDate><item><title>La traditionnelle carte de v&#x153;ux est arriv&#xe9;e</title><dc:creator>plenain@gmail.com</dc:creator><category>Aucune</category><dc:date>2012-01-03T20:02:48+07:00</dc:date><link>http://www.lenain.eu/Blog/Blog.html#unique-entry-id-2</link><guid isPermaLink="true">http://www.lenain.eu/Blog/Blog.html#unique-entry-id-2</guid><content:encoded><![CDATA[<img class="imageStyle" alt="Carte f 12-700" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/carte-f-12-700.jpg" width="700" height="991"/>]]></content:encoded></item><item><title>Thierry et Steve</title><dc:creator>plenain@gmail.com</dc:creator><category>Amis</category><dc:date>2011-11-05T18:24:35+07:00</dc:date><link>http://www.lenain.eu/Blog/Blog.html#unique-entry-id-1</link><guid isPermaLink="true">http://www.lenain.eu/Blog/Blog.html#unique-entry-id-1</guid><content:encoded><![CDATA[<span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">&Agrave; 10 jours d'intervalle, les 25 septembre et 5 octobre derniers, se sont &eacute;teints deux personnages qui ont eu une profonde influence sur mon existence. Le premier &eacute;tait l'un de mes plus vieux amis, du temps du Lyc&eacute;e Hoche de Versailles, et il vivait en "grattant la terre" dans un village recul&eacute; de la Montagne Noire, tirant sa fiert&eacute; de ce qu'il se nourrissait principalement des fruits et l&eacute;gumes de son potager. Le second &eacute;tait un milliardaire californien et je ne l'ai jamais rencontr&eacute;. Mais lorsque j'ai cr&eacute;&eacute; ma premi&egrave;re entreprise &agrave; l'&acirc;ge de 24 ans, je l'avais d&eacute;j&agrave; clairement identifi&eacute; comme un mod&egrave;le et une source d'inspiration, qui ne m'ont jamais quitt&eacute; ni trahi.<br /><br />J'avais 15 ans en septembre 1977 lorsque j'ai rencontr&eacute;, sur les marches de l'escalier du Lyc&eacute;e Hoche &agrave; Versailles, ce petit brun, comme moi, au nom un peu ridicule, comme moi : Thierry Domage. Nous avons d&egrave;s lors &eacute;t&eacute; ins&eacute;parables, m&ecirc;me si quasiment tout nous s&eacute;parait : Thierry &eacute;tait beaucoup plus m&ucirc;r que moi, il avait des id&eacute;es engag&eacute;es voire r&eacute;volutionnaires, quand j'&eacute;tais un "petit bourgeois" typique, issu d'un milieu conservateur, &agrave; l'&eacute;ducation parfaitement conformiste.<br />Sa sensibilit&eacute; artistique &eacute;tait tr&egrave;s aiguis&eacute;e, et sa sensibilit&eacute; tout court avait une touche presque f&eacute;minine; pour ma part j'&eacute;tais un ado tr&egrave;s ordinaire, tout simplement passionn&eacute; de football, puis de motos, de musique &nbsp;et de filles&hellip; Mais fin 1978, alors qu'en draguant une copine &agrave; moi (Fr&eacute;d&eacute;rique Magnet) au concert de Wishbone Ash il s'apercevait qu'il n'&eacute;tait pas attir&eacute; par le sexe faible, je crois que je suis le premier &agrave; qui il a os&eacute; se confier : &laquo;Je suis un homo&raquo;. Comme Thierry &eacute;tait l'&ecirc;tre le plus gentil, le plus pos&eacute; et clairvoyant que je connaissais, &ccedil;&agrave; m'a rendu les homos en g&eacute;n&eacute;ral sympathiques ! Pendant mes ann&eacute;es &eacute;tudiantes post-Lyc&eacute;e, Thierry &eacute;tait devenu un artiste &agrave; plein temps. Il travaillait dans une galerie d'art moderne du quartier latin, montait, d&eacute;montait, pr&eacute;parait les livrets d'expositions on ne peut plus avant-gardistes, auxquelles je ne comprenais absolument rien. Mais il m'a ainsi amen&eacute; tout naturellement &agrave; me poser la question : qu'est-ce qui est beau? Il voyait une vieille clocharde dans la rue, &eacute;changeait un sourire avec elle et me disait : &laquo;Tu as vu comme elle est belle ?&raquo;<br />De son c&ocirc;t&eacute; il d&eacute;veloppait la th&eacute;matique qui lui collera &agrave; la peau jusqu'&agrave; la fin de ses jours, celle du "Postier Domage". Thierry s'&eacute;tait attach&eacute; au logo de la Poste (des PTT, on disait &agrave; l'&eacute;poque), et il le mettait en sc&egrave;ne de multiple mani&egrave;res : en faisant des tags dans le m&eacute;tro &agrave; l'aide de pochoirs, les petits oiseaux multicolores de la Poste prenaient une vie et racontaient une histoire. Ou alors en accrochant des logos g&eacute;ants dans les arbres d'un parc. </span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="Sirocco postale" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/sirocco-postale.jpg" width="320" height="209"/></div><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Ou bien en "d&eacute;corant" de logos les cabines t&eacute;l&eacute;phoniques. Aupr&egrave;s de Thierry, la vie toute enti&egrave;re devenait un jeu, mi-fiction, mi-publicit&eacute; d&eacute;risoire, cui-cui, le postier est pass&eacute; par-ci, il repassera par-l&agrave;&hellip; Je l'ai souvent aid&eacute; dans ses happenings artistiques, et la fin de la nuit au poste ou en prison faisait partie de l'&OElig;uvre&hellip; Alors que je venais de me marier, je lui ai propos&eacute; de d&eacute;corer ma voiture, l&agrave; dans la rue. Les flics nous sont &eacute;videmment tomb&eacute;s dessus, &laquo;Chouette, un flag !&raquo; et j'ai du produire mes papiers &agrave; un agent &eacute;c&oelig;ur&eacute; qui me les a retourn&eacute;s en me d&eacute;clarant : &laquo;C'est votre droit le plus strict !&raquo;. Faut-il pr&eacute;ciser que Thierry &eacute;tait libertaire et n'aimait pas beaucoup les forces de l'ordre ?</span><br /><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br />C'est peu apr&egrave;s mon mariage et avant la naissance de Samphy (1987) que j'ai cr&eacute;&eacute; ma premi&egrave;re bo&icirc;te, qui s'appelait Stone Age (SARL), et qui faisait dans les ordinateurs. J'&eacute;tais loin d'&ecirc;tre un passionn&eacute; d'informatique, tout le contraire m&ecirc;me, c'&eacute;tait juste un secteur porteur pour y gagner de l'argent. Mais le jour o&ugrave; j'ai mis la main sur la souris d'un Macintosh a tout chang&eacute;. La typographie, l'impression en espacement proportionnel, l'imprimante laser, le WYSIWYG ("what you see is what you get"), tout &ccedil;&agrave; m'a passionn&eacute;. Et je suis devenu un adepte, un ap&ocirc;tre, un revendeur, un installateur, un concepteur, parfois m&ecirc;me un programmeur, dans l'environnement de la marque &agrave; la pomme.<br />Tout de suite j'ai entendu la l&eacute;gende : Apple avait &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e 10 ans auparavant dans un garage &agrave; Palo Alto, dans la Silicon Valley, par les deux Steve : Steve Jobs et Steve Wozniak. J'ai lu toute la litt&eacute;rature (peu abondante) de l'&eacute;poque, je me suis mis &agrave; &eacute;plucher les magazines sp&eacute;cialis&eacute;s, j'allais &agrave; toutes les "grand-messes" annuelles d'Apple, et j'ai &eacute;t&eacute; inocul&eacute; au virus transmis par Steve Jobs : je savais que j'&eacute;tais en minorit&eacute; par rapport aux adeptes de l'"IBM-PC" de l'&eacute;poque, mais je savais aussi que j'&eacute;tais en avance, que je finirai par avoir raison.<br />Thierry a travaill&eacute; chez Stone Age, attir&eacute; pr&eacute;cis&eacute;ment par la cr&eacute;ativit&eacute; qui se d&eacute;gageait de l'environnement Mac : nous &eacute;ditions des livrets d'expo, des livrets de CD, des magazines, nous organisions des formations &agrave; la mise en page. Alors que Thierry &eacute;tait s&ucirc;rement le plus fantasque de mes amis, dans le travail il a &eacute;t&eacute; le plus rigoureux et le plus s&eacute;rieux. &Agrave; cette &eacute;poque, &ccedil;&agrave; m'avait dr&ocirc;lement &eacute;tonn&eacute; !</span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="Thierry & Pearl" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/thierry-0026-pearl.jpg" width="326" height="184"/></div><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br />Au-del&agrave; de la mise en page et de la typographie, j'ai vite compris que Steve Jobs &eacute;tait un obs&eacute;d&eacute; du d&eacute;tail. Pass&eacute; mes premiers t&acirc;tonnements chez Stone Age, je me suis retrouv&eacute; au Vietnam puis au Cambodge, toujours dans le r&ocirc;le de l'entrepreneur-cr&eacute;ateur de soci&eacute;t&eacute;s. Et je me suis appliqu&eacute; &agrave; suivre les pr&eacute;ceptes du ma&icirc;tre, partout o&ugrave; ils &eacute;taient applicables : logo m&eacute;morisable, image de marque, d&eacute;votion au service du client sans m&ecirc;me que celui-ci n'en ai conscience&hellip; Non seulement les ordinateurs &eacute;taient des Macs, mais ma compagnie d'assurance se voulait un peu le reflet d'Apple : innovante, surprenante, cr&eacute;ative.<br />Steve Jobs m'a aussi enseign&eacute;, comme &agrave; des milliers d'autres, qu'il ne faut pas toujours demander au client ce qu'il veut, parce qu'il ne le sait pas lui-m&ecirc;me ! Dans les &eacute;coles de commerce, on nous &eacute;touffait sous les &eacute;tudes de march&eacute;, avec la cons&eacute;quence du comportement moutonnier qui en d&eacute;coule. Pour ma part, je me suis toujours demand&eacute; comment proposer au client quelque chose qui va le surprendre, le s&eacute;duire, auquel il n'a pas pens&eacute;. C'&eacute;tait vrai du macro au micro : d&eacute;cider de faire une compagnie d'assurance au Cambodge de 1993 avec deux francs six sous, c'&eacute;tait assez imaginatif ! Pareil pour financer la consommation au Vietnam communiste. Sans Steve Jobs, je ne m'y serais s&ucirc;rement pas attaqu&eacute;.<br /><br />Thierry et Steve, qui avaient 7 ans d'&eacute;cart, partageaient un peu le m&ecirc;me h&eacute;ritage (contre-)culturel des hippies des ann&eacute;es '60 : r&eacute;f&eacute;rences musicales, graphiques, id&eacute;es libertaires. Steve Jobs avait nomm&eacute; sa soci&eacute;t&eacute; en hommage aux Beatles, un des albums pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s de Thierry &eacute;tait Hot Rats de Frank Zappa (1969). Les deux &eacute;taient farouchement d&eacute;cid&eacute;s &agrave; penser comme bon leur semblait, et leur ind&eacute;pendance de vues marquait durablement ceux qui les approchaient. Je me permets de l'&eacute;crire m&ecirc;me si je n'ai pas approch&eacute; Steve Jobs, &ccedil;&agrave; me para&icirc;t d'une telle &eacute;vidence ! <br />Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, comme des feux de Bengale, Thierry et Steve s'&eacute;taient surpass&eacute;s.<br />Thierry vivait comme un ermite &agrave; l'Espinassi&egrave;re, un village extr&ecirc;mement recul&eacute; de la Montagne Noire orientale, au dessus de Carcassonne. En m'accueillant, ses yeux br&ucirc;laient d'un feu intense alors qu'il m'expliquait comment irriguer ses terrasses construites au Moyen-&Acirc;ge, o&ugrave; il faisait pousser, &agrave; l'ancienne, ses haricots, tomates, melons, poireaux, concombres&hellip; Il faisait ses conserves avec soin pour l'hiver, et allait troquer avec ses voisins des l&eacute;gumes contre du fromage, ou contre de la viande. Une fois o&ugrave; je d&eacute;barquais chez lui de retour d'un pic-nique en Camargue avec de la moutarde de grande consommation dans un pot en plastic, il m'a expliqu&eacute; avec souffrance &agrave; quel point cette pratique &eacute;tait dommageable pour l'environnement. Depuis je n'accepte plus un seul sac en plastic au Vietnam ! Je lui ai amen&eacute; mes filles chaque ann&eacute;e, et je suis s&ucirc;r qu'elles sentaient combien j'&eacute;tais fier de son amiti&eacute;, lui qui ne ressemblait pas &agrave; nos autres amis.<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="Thierry l'Espi" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/thierry-l0027espi-2.jpg" width="307" height="231"/></div><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br />Mon admiration pour Steve Jobs n'a jamais faiblit, et je dirais m&ecirc;me que les 5 ou 6 derni&egrave;res ann&eacute;es ont &eacute;t&eacute; le couronnement de son &oelig;uvre. En 2005 j'ai bri&egrave;vement int&eacute;gr&eacute; le giron de la Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale, une banque conservatrice s'il en est, et j'y ai impos&eacute; un syst&egrave;me informatique enti&egrave;rement sur Mac. Si j'avais voulu y faire carri&egrave;re, c'&eacute;tait un geste quasi suicidaire ! Et dans ce monde qui m'&eacute;tait si hostile, j'ai vu tous ces banquiers conformistes se ruer sur l'iPhone et sur l'iPad&hellip;<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="Unknown" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/unknown.jpeg" width="300" height="254"/></div><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; "><br /></span><span style="font:12px Arial, Verdana, Helvetica, sans-serif; ">Thierry n'a pas r&eacute;sist&eacute; &agrave; la souffrance que lui infligeait son &eacute;veil, sa conscience aigu&euml; des probl&egrave;mes de la plan&egrave;te et de ses habitants. Il n'a pas &eacute;chapp&eacute; &agrave; sa destin&eacute;e d'artiste maudit, et il a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; se donner la mort.<br />J'ai lu dans sa biographie que, quand il s'est su condamn&eacute;, Steve Jobs a travaill&eacute; sans rel&acirc;che sur lui-m&ecirc;me pour se lib&eacute;rer de ses travers. Il est mort en pleine conscience, en plein &eacute;veil.<br />Ils sont partis presque simultan&eacute;ment, leur rayonnement respectif n'avait sans doute pas la m&ecirc;me magnitude, mais pour le restant de mes jours, ils continueront de me souffler &agrave; l&rsquo;oreille, de temps en temps: &laquo;Philippe, think different!&raquo;.</span>]]></content:encoded></item><item><title>Le Grand-Prix Masters &#xe0; Donington</title><dc:creator>plenain@gmail.com</dc:creator><category>Course</category><dc:date>2010-09-10T22:31:27+07:00</dc:date><link>http://www.lenain.eu/Blog/Blog.html#unique-entry-id-0</link><guid isPermaLink="true">http://www.lenain.eu/Blog/Blog.html#unique-entry-id-0</guid><content:encoded><![CDATA[<span style="font:12px HelveticaNeue; ">"</span><span style="font:12px HelveticaNeue-Italic; "><em>What a fantastic weather</em></span><span style="font:12px HelveticaNeue; "> !" s'exclament les anglais que je croise en ce d&eacute;but septembre. Pour moi qui arrive d'Italie, il fait frisquet et j'ai du ressortir les petites laines tandis que je scrute d'un &oelig;il inquiet les nuages dans le ciel&hellip; Je viens de franchir les grilles d'entr&eacute;e du circuit et tente de me diriger au son des hurlements de moteurs qu'on fait chauffer &agrave; petits coups d'acc&eacute;l&eacute;rateur rageurs. Je gravis finalement quatre &agrave; quatre l'escalier menant &agrave; la tribune principale qui domine la grille de d&eacute;part, juste &agrave; l'entr&eacute;e des stands. Des m&eacute;caniciens sont en train d'&eacute;vacuer la piste o&ugrave; une quinzaine de monoplaces s'&eacute;branlent vers la gauche pour le tour de chauffe, derri&egrave;re une Porsche Cayenne qui fait office de pace-car.<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="040910_0091" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/040910_0091.jpg" width="308" height="176"/></div><span style="font:12px HelveticaNeue; "><br /></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">La tribune fait caisse de r&eacute;sonance et le vacarme est d&eacute;j&agrave; insoutenable. Une jeune femme &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi se ratatine sur son si&egrave;ge, les mains sur ses oreilles, le visage crisp&eacute; par la douleur ! Une minute plus tard, &agrave; notre droite r&eacute;appara&icirc;t la meute, la Porsche prend la bretelle des stands et quinze pilotes mettent le pied au plancher. Le grondement qui s'ensuit fait l'effet d'une d&eacute;flagration, j'ai du mal &agrave; trouver mon souffle et d&eacute;j&agrave;, filant sur la gauche, les voitures atteignent le bout de la ligne droite, descendent deux vitesses et s'&eacute;lancent &agrave; droite dans le virage de Redgate. &Agrave; ce moment pr&eacute;cis, la machine &agrave; remonter le temps s'emballe : des spectateurs pointent le doigt vers le ciel. Je l&egrave;ve la t&ecirc;te pour voir un Spitfire survoler le circuit &agrave; basse altitude. Le bourdonnement grave de son moteur Rolls-Royce Merlin semble &eacute;trangement l&eacute;ger&hellip; Il bat des ailes et le public laisse &eacute;chapper une ovation empreinte d'une fiert&eacute; toute britannique ! Mais d&eacute;j&agrave; le vacarme de la piste reprend le dessus alors que les monoplaces bouclent leur premier tour de course.<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="040910_0466" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/040910_0466.jpg" width="308" height="135"/></div><span style="font:12px HelveticaNeue; "><br /></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">En t&ecirc;te les Arrows A4 oranges de Riccardo Patrese et Mauro Baldi, aux couleurs des c&eacute;ramiques italiennes Ragno, sont poursuivies par la Tyrrell 009 bleu marine de Didier Pironi et la March 761 rouge de Ronnie Peterson, tandis que la Wolf WR1 de Jody Sheckter ferme la porte &agrave; la Lotus 87 en livr&eacute;e John Player Special d'Elio de Angelis. En fond de peloton passe la Matra MS80 bleue et blanche de Jean-Pierre Beltoise, et mon voisin me touche le coude avec un clin d'&oelig;il : "</span><span style="font:12px HelveticaNeue-Italic; "><em>&Ccedil;&agrave;, c'est fwan&ccedil;ais&hellip;</em></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">" La foule des passionn&eacute;s est collectivement plong&eacute;e dans un r&ecirc;ve &eacute;trange&hellip;<br /><br />En r&eacute;alit&eacute;, nous sommes au XXI&egrave;me si&egrave;cle, en 2010 pr&eacute;cis&eacute;ment, sur le circuit de Donington o&ugrave; se d&eacute;roule la 5&egrave;me manche du championnat des Grand Prix Masters. Peterson, De Angelis et Pironi ont p&eacute;ri de mort violente en exer&ccedil;ant leur d&eacute;vorante passion pour la vitesse, l'ex-champion du monde Sheckter est devenu un gentleman-farmer "bio", tandis que Patrese, Baldi et Beltoise font la joie des journalistes et de leurs lecteurs lorsqu'ils racontent le temps, pas si lointain, o&ugrave; chaque dimanche ils mettaient leur vie en jeu, dans des courses automobiles qui n'ont plus rien &agrave; voir avec celles d'aujourd'hui&hellip;<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="P1060231" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/p1060231.jpg" width="224" height="194"/></div><span style="font:12px HelveticaNeue; "><br /></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">Mais leurs montures font toujours le spectacle ! Les Formule 1 des ann&eacute;es 70 ne s'encombrent pas d'&eacute;lectronique, d'automatismes, ni de dispositifs d'assistance : coques en aluminium, ch&acirc;ssis tubulaires, amortisseurs &agrave; ressort, un minuscule levier de vitesse situ&eacute; &agrave; droite du tableau de bord o&ugrave; tr&ocirc;ne, tout seul, un gros compte-tours &agrave; aiguille, tout rond&hellip; Elles sont toutes anim&eacute;es par un moteur Ford Cosworth DFV de 3 litres de cylindr&eacute;e qui d&eacute;livre ses 500 CV aux roues arri&egrave;res par l'interm&eacute;diaire d'une bo&icirc;te de vitesse Hewland. C'est cette standardisation qui rend possible le spectacle auquel j'assiste aujourd&rsquo;hui, &eacute;bahi, subjugu&eacute; par l'agressive beaut&eacute; de ces vieilles demoiselles&hellip;<br /><br />Dans les baquets de ces F1 d'une &eacute;poque r&eacute;volue, &agrave; la place des h&eacute;ros d'hier, s'affrontent aujourd'hui de v&eacute;ritables gentlemen-driver. Ne serait-ce qu'&agrave; cause du bruit d&eacute;mentiel qu'ils font &agrave; chaque tour, on en vient &agrave; respecter le courage qu'ils d&eacute;ploient pour maintenir sur la piste des monstres pareils. Ils sont anglais, hollandais, italiens, fran&ccedil;ais, am&eacute;ricains. Ils sont riches, certes, car la voiture la meilleur march&eacute; &eacute;voluant sous nos yeux co&ucirc;te dans les 100&nbsp;000&nbsp;&euro; lorsqu'elle change de mains. Et pour certaines d'entre elles, il faut ajouter un z&eacute;ro&hellip; Mais on sent bien que, pour eux, il ne s'agit pas d'&eacute;taler son argent, ni de se montrer : quelle que soit leur place &agrave; l'arriv&eacute;e de la course, lorsqu'ils descendent de leur monoplace et arrachent leur cagoule ignifug&eacute;e, leur visage tremp&eacute; de sueur est barr&eacute; d'un sourire rayonnant ! Leurs yeux brillent intens&eacute;ment et ils &eacute;changent de vigoureuses claques sur le dos avec leurs m&eacute;caniciens, couverts de cambouis, une bi&egrave;re &agrave; la main. En cette fin d'&eacute;t&eacute; anglais, on se sent loin du monde des sponsors et des d&eacute;clarations "politiquement correctes" dans les conf&eacute;rences de presse qui &eacute;touffent la F1 d'aujourd'hui. Ici, le plaisir r&egrave;gne.<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="P1060233" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/p1060233.jpg" width="211" height="224"/></div><span style="font:12px HelveticaNeue; "><br /></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">Et tout est fait pour que les spectateurs en profitent ! Pour la modique somme de 16 &pound; (18 &euro;), on peut visiter tous les recoins du mythique circuit de Donington, o&ugrave; Ayrton Senna signa sa m&eacute;morable victoire dans le Grand Prix d'Europe 1993. M&ecirc;me la pit-lane des stands est un endroit ouvert &agrave; la promenade, o&ugrave; les pilotes comme les m&eacute;caniciens sont heureux de discuter ou de faire admirer l'objet de leur passion. Tout au long du week-end se succ&egrave;dent les formules et les courses. La classe "Sportscar Masters" rassemble les prototypes qui firent la gloire des 24 heures du Mans dans les ann&eacute;es 60 : Ford GT40, Chevron B8, Lola T70, McLaren M1, Matra 670 accompagn&eacute;es de leur faire-valoir, les Corvettes et Porsche 911. Les "Sports Racing Masters" font revivre les versions "racing" des Jaguar type-E, AC Cobra, Aston Martin, Marcos, Lotus et Ford Mustang&hellip;<br /><br />L'ambiance autour du circuit est typiquement&hellip; British ! Les membres des clubs Lotus, Aston-Martin, Porsche, TVR, Ferrari et j'en oublie s&ucirc;rement, garent ensemble leurs rutilantes montures dans des enclos ouverts pour les faire admirer au public. Les maisons d'ench&egrave;res sp&eacute;cialis&eacute;es exposent aussi leurs merveilles : vous recherchez une Merc&eacute;d&egrave;s 300 SLR class&eacute;e en son temps aux Mille Miglia&nbsp;? Ou une Jaguar Type-D class&eacute;e au Mans ? Mais si, c'est possible ! En cas de petite faim, des baraques servent des fish-and-chips gargantuesques et des hamburgers au go&ucirc;t doucereux, tandis que les pintes de bi&egrave;re (50 cl) sont r&eacute;serv&eacute;es aux demoiselles : ici, les gentlemen trinquent exclusivement avec des double-pintes !<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="040910_0344" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/040910_0344.jpg" width="308" height="155"/></div><span style="font:12px HelveticaNeue; "><br /></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">Le circuit est mitoyen de l'a&eacute;roport de Nottingham, plus connu sous le nom de East Midlands Airport, qui est desservi par quantit&eacute; de compagnies low-cost (Ryan Air et BMI Baby, entre autres). &Agrave; cinq minutes du circuit, par bus, se trouve le charmant village de Castle Donington o&ugrave; Mrs Prince tient le Bed & Breakfast d&eacute;nomm&eacute; &ldquo;Donington Cottage&rdquo;. Je vous le recommande tout particuli&egrave;rement, &agrave; la fois pour la gentillesse de l'h&ocirc;tesse, la propret&eacute; immacul&eacute;e des installations et pour son breakfast pl&eacute;thorique compos&eacute; d'&oelig;ufs, haricots en sauce, bacon, saucisses, fromages, yaourts, toasts, marmelades, sirop, jus de fruits, th&eacute;, caf&eacute;&hellip;<br /></span><div class="image-right"><img class="imageStyle" alt="Good view Frount of Don Cot" src="http://www.lenain.eu/Blog/files/good-view-frount-of-don-cot.jpg" width="172" height="240"/></div><span style="font:12px HelveticaNeue; "><br /></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">Faut-il le pr&eacute;ciser ? Le "</span><span style="font:12px HelveticaNeue-Italic; "><em>fantastic weather</em></span><span style="font:12px HelveticaNeue; ">" vant&eacute; par les amis anglais qui m'accueillaient au circuit s'est, durant le week end, plusieurs fois chang&eacute; en crachin ou en petite averse fra&icirc;che. Cel&agrave; n'a troubl&eacute; personne, les spectateurs gardant le plus souvent leur t-shirt ou se couvrant, au mieux, d'une casquette, tandis que le spectacle en profitait, comme en t&eacute;moigne cette Lola T70 dont le pilote jugea mal des effets de la pluie sur l'adh&eacute;rence, et qui fit sous nos yeux une impressionnante s&eacute;rie de t&ecirc;te-&agrave;-queue dans l'herbe &agrave; plus de 200 km/h&hellip; sans rien casser&nbsp;! &ldquo;</span><span style="font:12px HelveticaNeue-Italic; "><em>What a bloody good day&nbsp;!"</em></span><span style="font:12px HelveticaNeue; "> clamait-il jovialement &agrave; la ronde en s'extirpant de son cockpit, apr&egrave;s la course&hellip; J'&eacute;tais d'accord avec lui &agrave; 100% !<br /></span>]]></content:encoded></item></channel>
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